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Le bisphénol A impliqué dans l'obésité et le diabète ?
Avec une production dépassant les 3 millions de tonnes par an, le bisphénol A (BPA) est l'un des composés industriels les plus étudiés. Sa présence dans les aliments, l'eau de boisson, les plastiques, les résines époxy (et plus particulièrement les résines dentaires), les revêtements des conditionnements de la nourriture, les tickets de caisse... a conduit l'autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) à fixer une dose journalière admissible à 50 µg/kg/j.Si ses effets sur les organes reproducteurs mâles ou femelles humains, tels l'hypertrophie de la prostate, la diminution de la distance ano-génitale, les altérations du sperme, la diminution de la fertilité, la puberté précoce ou encore des anomalies de l'endomètre et de l'ovaire, ne sont aujourd'hui plus à démontrer, plusieurs observations laissent penser que le BPA pourrait avoir des effets sur des organes non liés à la reproduction.Plusieurs types de récepteurs au BPA Des travaux menés in vitro par Vincent Laudet et son équipe de l'Institut de génomique fonctionnelle de Lyon (IGFL, ENS de Lyon/CNRS/Université Claude Bernard Lyon 1) ont en effet montré que si les récepteurs aux estrogènes étaient bien la cible du BPA, ils n'étaient toutefois pas les seuls. Des études chez le poisson-zèbre ont confirmé cette hypothèse, et montré que le BPA entraînait un développement anormal de structures correspondant à l'oreille interne chez l'homme, en se fixant à des récepteurs distincts des récepteurs aux estrogènes.Les chercheurs ont donc poursuivi leurs travaux et démontré que le récepteur nucléaire ERRγ était le médiateur des malformations induites par le BPA au niveau de ces structures. Or, ERRγ a récemment été impliqué dans le contrôle de la sécrétion d'insuline chez la souris, ainsi que dans le métabolisme au niveau du cœur et des muscles squelettiques.Pour les auteurs des travaux, "ERRγ pourrait être un acteur majeur de l'obésité induite par le BPA chez les nourrissons". Ils veulent également que soit étudié le lien entre, d'une part, l'exposition au BPA et, d'autre part, les troubles du comportement à l'âge adulte, les perturbations du métabolisme énergétique et de la fonction cérébrale, ou encore le diabète de type 2. Ils plaident donc pour une réévaluation de l'impact du BPA sur la santé humaine "en élargissant son spectre d'action depuis les effets reproducteurs jusqu'aux effets développementaux et métaboliques". L'affinité du BPA au récepteur ERRγ étant 1 000 fois supérieure à celle du composé aux récepteurs à l'estrogène, ils estiment que la dose journalière admissible devra être revue à la baisse.Amélie PelletierSource : "Estrogen-related receptor is an in vivo receptor of bisphenol A". Marie Tohmé, Sophie M. Prud'homme, Abdel Boulahtouf, Eric Samarut, Frédéric Brunet, Laure Bernard, William Bourguet, Yann Gibert, Patrick Balaguer, and Vincent Laudet. FASEB, publié en ligne le 21 avril 2014. DOI : 10.1096/fj.13-240465


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